top of page

Allaitement et reprise du travail : quelles sont les obligations de l'employeur ?

Marina QUERE
29 sept.
5 min de lecture

Allaitement et reprise du travail : ce que tout employeur doit savoir


Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Selon la 6e Enquête Nationale Périnatale menée en 2021 par l'INSERM auprès de plus de 13 000 femmes, 56,3 % des femmes allaitent exclusivement leur enfant à la maternité, et 13,4 % pratiquent un allaitement mixte.


Autrement dit, près de 7 nouvelles mères sur 10 quittent la maternité en allaitant leur enfant.


Un chiffre régional à avoir en tête si vous êtes employeur en Vendée : 61,2 % des femmes allaitent à la maternité en Pays de la Loire selon cette même enquête. Ce chiffre chute rapidement : selon une étude publiée dans la revue Santé Publique (Cairn, 2024), seulement 18,5 % des mères allaitent encore à la reprise du travail. Ce n'est pas une majorité — mais c'est près d'une salariée sur cinq, et parmi elles, beaucoup souhaitent poursuivre si leur environnement professionnel le permet.


Pourtant, beaucoup d'employeurs se retrouvent dans le flou à la reprise : suis-je obligé de m'adapter ? Que dit la loi exactement ? Est-ce que je risque quelque chose si je ne fais rien ?


Bonne nouvelle : les règles sont claires. Moins bonne nouvelle : beaucoup d'entreprises ne les connaissent pas encore. Cet article est là pour changer ça.


Ce que dit la loi, clairement


La protection de l'allaitement au travail ne date pas d'hier. Les premières dispositions législatives sur le sujet remontent à la loi du 5 août 1917 — et la Cour de cassation a elle-même récemment souligné que ces textes, toujours en vigueur dans leurs grandes lignes, mériteraient d'être modernisés tant les pratiques ont évolué.


Aujourd'hui, c'est le Code du travail qui encadre le sujet. L'article L1225-30 prévoit qu'une salariée qui allaite son enfant bénéficie d'une heure par jour dédiée à l'allaitement pendant les douze mois suivant la naissance, et ce dès sa reprise du travail.


Cette heure est divisée en deux périodes de trente minutes : une le matin, une l'après-midi, conformément à l'article L1225-31. À défaut d'accord entre la salariée et l'employeur, ces périodes sont placées au milieu de chaque demi-journée de travail.

À noter : lorsqu'un local dédié est mis à disposition, ces périodes sont réduites à vingt minutes.


Ce temps n'est pas rémunéré par défaut — le Code du travail ne prévoit pas de rémunération légale sur ce point. Seule votre convention collective ou un accord d'entreprise peut prévoir une compensation. Il vaut donc mieux vérifier ce que prévoit votre propre convention avant de répondre à votre salariée.


L'espace allaitement : une obligation réelle


C'est le point que beaucoup d'employeurs ignorent, et c'est pourtant inscrit dans la loi depuis 1917.


L'article L1225-32 du Code du travail prévoit que tout employeur employant plus de cent salariées peut être mis en demeure d'installer dans son établissement ou à proximité des locaux dédiés à l'allaitement, distincts des toilettes et des vestiaires. Les conditions précises d'aménagement sont définies par les articles R1225-5 à R1225-7 et R4152-13 à R4152-28 du Code du travail.


Pour les entreprises de moins de 100 salariés, l'obligation formelle de local dédié ne s'applique pas — mais l'obligation de faciliter l'allaitement, elle, reste entière. En pratique, cela signifie qu'une salariée ne peut pas se voir refuser un espace adapté sans alternative proposée.


Les caractéristiques minimales de cet espace, quand il existe : fermeture à clé ou système de confidentialité, point d'eau à proximité, assise confortable et possibilité de brancher un tire-lait.


Ce que vous risquez si vous n'y répondez pas


Un employeur qui refuse ou entrave l'exercice du droit à l'allaitement s'expose à plusieurs risques concrets.


Sur le plan juridique, l'article L1225-1 du Code du travail interdit toute discrimination liée à la maternité. Le non-respect des dispositions relatives à l'allaitement peut être constitutif d'une telle discrimination, passible de sanctions civiles devant le Conseil de prud'hommes. Par ailleurs, la méconnaissance des dispositions relatives au local d'allaitement est punie d'une contravention de 5e classe, soit 1 500 euros, prononcée autant de fois qu'il y a de salariées concernées par l'infraction.


Sur le plan humain et managérial, refuser d'accompagner une salariée sur ce sujet envoie un signal fort — et négatif — à toute l'équipe. Dans un contexte où la marque employeur est devenue un vrai levier de recrutement et de fidélisation, ce type de situation peut coûter cher en termes d'image interne.


En pratique : comment s'organiser simplement


Pas besoin de grands travaux ni d'un budget conséquent pour répondre à vos obligations. Voici ce qui fonctionne concrètement dans les petites et moyennes entreprises :


Anticipez avant la reprise


Abordez le sujet lors de l'entretien de reprise de poste. Demandez simplement à votre salariée si elle souhaite poursuivre l'allaitement et comment elle envisage d'organiser ses pauses. C'est une conversation de cinq minutes qui évite beaucoup de tensions.


Aménagez un espace existant


Une salle de réunion avec un verrou, une pièce de rangement propre réaménagée, un bureau isolé...

Les solutions sont souvent plus simples qu'on ne le croit. L'essentiel : intimité, hygiène, une assise confortable et une prise électrique pour le tire-lait. Le fauteuil POÄNG d'IKEA fait d'ailleurs très bien l'affaire pour un budget minimal.


Formalisez l'accord


Même si ce n'est pas obligatoire, noter par écrit les modalités convenues (horaires des pauses, espace utilisé) protège les deux parties et évite les malentendus.


Communiquez avec le reste de l'équipe


Pas besoin d'en faire une annonce formelle, mais le manager direct doit être informé pour que les horaires de la salariée soient respectés sans friction.


Au-delà de l'obligation : une opportunité pour votre marque employeur


Se conformer à la loi, c'est le minimum. Mais les entreprises qui vont un peu plus loin — en créant un vrai espace confortable, en abordant le sujet sereinement lors de la reprise, en affichant une politique parentale bienveillante — récoltent des bénéfices concrets :

  • fidélisation de la salariée,

  • réduction de l'absentéisme dans les semaines suivant la reprise,

  • et un signal positif pour l'ensemble des collaborateurs.


Et pour aller encore plus loin dans votre politique parentale, la question de la garde d'enfant est souvent le deuxième sujet majeur qui se pose lors d'une reprise après maternité.

Une place en crèche sécurisée, à proximité du domicile ou du travail, change radicalement le vécu de la reprise — pour la salariée comme pour l'employeur.


Vous avez des salariées qui reprennent bientôt le travail ?


Chez les Petits Hérissons, on accompagne les entreprises de Vendée dans la mise en place de solutions de garde adaptées à leurs salariés.


Berceaux réservés, tarifs négociés, structures à Saint-Hilaire-de-Riez et Soullans : on peut trouver ensemble une solution qui simplifie la reprise pour vos équipes.


→ Contactez-nous pour échanger sur vos besoins — sans engagement.


Marina QUERE - 07 57 83 73 13




Sources

  • INSERM / DREES / Santé Publique France — 6e Enquête Nationale Périnatale, Rapport 2021. Consultable sur enp.inserm.fr

  • Revue Santé Publique, Cairn 2024 — "Influences contextuelles du maintien de l'allaitement après la reprise du travail en France"

  • Étude ELFE (Étude Longitudinale depuis l'Enfance), INED/INSERM

  • Loi du 5 août 1917 : première législation française sur l'allaitement au travail

  • Code du travail, articles L1225-30, L1225-31, L1225-32, L1225-33, R1225-5 à R1225-7, R4152-13 à R4152-28, L1225-1

  • Éditions Tissot / Actu-Juridique : contravention de 5e classe (1 500 €) pour méconnaissance des dispositions relatives au local d'allaitement








Commentaires


Les commentaires sur ce post ne sont plus acceptés. Contactez le propriétaire pour plus d'informations.
bottom of page